Je retrouve aujourd'hui ce blog comme une vieille armoire remplie de souvenirs, de babioles, d'ébauches d'idées, de rêves perdus voire oubliés, je retrouve un portrait de moi-même qui a cessé d'exister, une peinture dont les couleurs ternissent à chaque seconde, tel une rose sombre qui fânerait à vue d'oeil, un reflet erroné dont l'image perdrait de son éclat.
C'est une fantastique décadence, alliant intrigue et magnificence, qui me fait découvrir et redécouvrir une personnalité dépassée; celle que j'arborais avec candeur.
Remettant en cause les fondamentaux de mon existence, je vogue à travers les souvenirs cherchant le courant directeur qui m'a mené jusqu'ici.
Mais je ne trouve rien... Rien d'autre que de pâles reflets sans visage.
Aucun lien entre le passé et le présent, rien d'autre qu'un épais brouillard qui me rassure d'avoir tourné la page.
Quant à la page suivante, elle reste à écrire.
D'après une amie, quelqu'un s'en est chargé à ma place, et je n'aurai plus qu'à être spectateur de ma propre histoire, à moitié acteur, une sorte de comédien à qui l'on impose le texte, et pour qui seul le jeu autorise la liberté.
Je me dis alors que quelque soit le texte imposé, rien ne m'empêche de savourer les valses sucrées, les examens salés, les prises de risques pimentées, les baisers enflammés...
Rien ne m'empêche d'apprécier la douce mélodie au rock enchaîné de ma vie.
Rien ne m'empêche de contempler et d'avancer pour les choses qui me tiennent à coeur,... le seul mât qui guide ma proue.
